Beauval : 4 600 animaux, dont 2 pandas

Beauval : 4 600 animaux, dont 2 pandas

Le 25/09/2013

On pourrait se croire un dimanche soir à un péage autoroutier francilien, tant il y a de voitures. Mais, pas de panique, l’organisation est bien rodée. Sitôt quittée la nationale à la sortie de Saint-Aignan-sur-Cher (Loir-et-Cher), le parking du ZooParc de Beauval – de vastes champs – est fléché. Les voitures y prennent place sous les recommandations des gardiens.

Sans surprise : quand on change de dimension et que l’on accueille, en moyenne, entre 10 000 et 12 000 visiteurs par jour, avec des pointes à 14 000 ou 16 000, il n’y a aucune place pour l’improvisation. Une fréquentation qui ne doit rien au hasard mais plutôt à la persévérance des propriétaires du zoo. Il y a dix-huit mois, la presse du monde entier s’en était fait largement l’écho : après des années de négociations, le zoo de Beauval accueillait enfin, avec une pompe quasi présidentielle, Huan Huan et Yuan Zi, deux pandas géants, prêtés pour dix ans par la Chine.

L’arrivée de ces deux nouveaux pensionnaires a presque involontairement donné un autre sens aux propos du cochon Brille-Babil, dans La Ferme des animaux, de George Orwell. “Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres”, déclarait alors le porc. Assurément, le panda géant appartient à cette dernière catégorie : grâce à ces deux plantigrades, alors que le zoo compte plus de 500 espèces et 4 600 animaux, la fréquentation qui, en 2011, était de 600 000 visiteurs, a franchi la barre du million l’année de leur arrivée. Un record qui fait du zoo un “monument” plus visité que les châteaux de Chenonceaux et de Chambord.

Dans ces conditions, rien d’étonnant à voir, dès 9 heures en ce samedi d’août, un flot ininterrompu de visiteurs se diriger vers l’entrée comme s’ils allaient embarquer sur l’Arche avant le déluge. Sauf que, là, il n’y a pas que des couples, mais des familles avec enfants et poussettes. Car à Beauval, comme généralement dans les parcs zoologiques, tout le monde y trouve son compte. Mais, pour paraphraser George Orwell, peut-être ici plus qu’ailleurs…

Il suffit, en passant l’entrée, de se faire tamponner l’avant-bras pour pouvoir, tout au long de la journée, entrer et sortir à sa guise. Ainsi tatoué, les 27 hectares du parc sont à vous.

Un conseil : ne réduisez pas Beauval aux seuls ursidés noirs et blancs. Le parc offre bien plus que cela. Dans l’esprit des nouveaux zoos, le parc de Beauval propose à la fois “du ludique et du pédagogique”, insiste Rodolphe Delord, directeur et fils de Françoise Delord, fondatrice du parc. Ici, il n’est nullement question de cage – excepté pour quelques espèces -, et vous ne verrez pas non plus d’animaux tourner en rond dans des espaces confinés.

PRENDRE SON TEMPS

Le zoo d’aujourd’hui est tout sauf une prison pour animaux. Tous les espaces ont ici été pensés et aménagés pour leur confort. Les cinq éléphants africains, en semi-liberté, évoluent sur un territoire de plus de 5 hectares. Les quelque soixante-dix animaux d’Afrique – girafes, gnous, rhinocéros blancs, zèbres, autruches et autres hippotragues, sorte d’antilopes – profitent d’une savane de plus de 3 hectares…

Les manchots de Humboldt jouent sur une plage de 400 m2 et, surtout, dans une piscine transparente qui permet d’observer ces curieux oiseaux. Des oiseaux, il y en a beaucoup d’autres dans les volières, car, à l’origine, Beauval était “seulement” un parc ornithologique, avant de devenir l’un des dix plus beaux zoos au monde. Mais le parc propose aussi des spectacles : jusqu’à cinq par jour en saison, dont un très beau ballet de rapaces avec plus de soixante-dix vautours, faucons, caracaras et autres aigles exotiques… Puis c’est au tour des otaries de Californie d’entrer en scène.

Beauval, qui s’enorgueillit d’être le seul zoo à avoir, bien sûr, des pandas, mais aussi des lamantins, des okapis, des koalas, ne perd jamais sa vocation pédagogique. A la fois sur les fiches d’identité très complètes que l’on trouve sur chaque enclos, volière ou savane, mais aussi lors des animations proposées par les personnels du parc.

C’est à la faveur de ces explications que l’on découvre les programmes de préservation des espèces auxquels contribue le zoo, que l’on apprend que tous les animaux sont nés dans des zoos européens et qu’il n’y a pas de commerce – interdit par la convention de Washington en 1973. Ce qui vous dispensera peut-être de poser la question qui fâche – gentiment – l’animateur : combien coûte tel ou tel animal ?

Rodolphe Delord en convient : “Les zoos ont énormément évolué. On se sent aujourd’hui très proches des parcs de loisirs traditionnels, plus près du Puy-du-Fou que d’autres choses.”

Et, comme dans les parcs de loisirs, il faut prendre son temps. Bien souvent, la journée ne suffit pas. Beauval a anticipé : à quelques centaines de mètres de l’entrée est installé un premier hôtel de 112 chambres. Juste à côté, un autre, Les Pagodes (128 chambres) verra bientôt le jour, alors qu’un troisième est prévu dans Saint-Aignan intra-muros, avec douze appartements d’une à trois chambres.

Dernier conseil pratique : pour visiter le parc dans de bonnes conditions, il y a quelques astuces à connaître. La première consiste à venir tôt, dès l’ouverture, à 9 heures. Il y a moins de monde, mais surtout les animaux sont plus vaillants en début de journée, et l’on peut encore voir des soigneurs à l’oeuvre.

Si c’est un jour de grande affluence, plutôt que de suivre la foule, mieux vaut aller directement au fond du parc et commencer par la partie chinoise (“Sur les hauteurs de Chine”), puis aller vers les éléphants et les serres. Mieux vaut également visiter le complexe tropical (lamantins et gorilles) le matin. Enfin, ne jamais hésiter à s’éloigner d’un chemin trop balisé.

Si vous avez fait le choix de déjeuner sur place, la sagesse recommande d’éviter la tranche horaire 12 heures/13 h 30 pour éviter d’interminables files d’attente.

Ultime conseil, si le panda n’est pas votre animal favori, fuyez la boutique à la droite de la sortie, car si, en un an, il est devenu le roi du zoo, il est également omniprésent dans le magasin.

Source : Le Monde

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