Soigner les animaux avec les plantes

Soigner les animaux avec les plantes

Le 03/08/2014

Éleveurs ou particuliers sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les plantes pour soigner leurs compagnons, nous explique le vétérinaire Pierre May.`

Inconnue ou marginale il y a encore dix ans, la phytothérapie pour les animaux rencontre aujourd’hui le même engouement que l’usage des plantes médicinales chez les humains. Pierre May, vétérinaire en Haute-Savoie, est l’un des plus ardents défenseurs de cette discipline qu’il pratique au quotidien tout en l’enseignant à l’École vétérinaire de Lyon. “Bien sûr, la phytothérapie n’est pas mon seul outil thérapeutique. J’ai également recours aux traitements chimiques quand c’est nécessaire. Cependant, quand j’expose aux propriétaires les différentes alternatives thérapeutiques, les coûts, les effets secondaires, les chances de guérison, ils optent tout de même souvent pour les plantes.” D’après ce passionné, les résultats seraient fréquemment supérieurs à ceux des traitements classiques : “Si l’on prend le cas d’un ostéosarcome, tumeur de l’os que l’on rencontre de plus en plus souvent chez les chiens, le protocole classique consiste à proposer une amputation pour retarder les métastases et limiter la douleur ainsi qu’une chimiothérapie, qui permet de gagner trois à six semaines d’espérance de vie”. Face à ce protocole classique d’un coût de 150 à 250 euros par semaine, les maîtres sont en quête d’autres solutions et lorsque le Dr May leur propose des traitements alternatifs, bien souvent, ils suivent. Question de coûts d’abord, les traitements sont dix à vingt fois moins onéreux, mais aussi question d’efficacité. “L’idée est de permettre à l’animal de vivre décemment, sans souffrir, avec son cancer, explique Pierre May. On ne guérit pas d’un cancer, on est en rémission.

C’est en associant des immunostimulants naturels, des antioxydants et des antalgiques issus des plantes qu’on arrive à gagner jusqu’à une année de vie, contre un à deux mois avec la chimio classique.”

Antiparasitaires

Attention, cependant. En pratique, la phytothérapie animale ne s’improvise pas. Si de nombreux remèdes ressemblent à ceux des hommes, tout n’est pas reproductible : les teintures mères ou certaines huiles essentielles (même en inhalation) sont par exemple très toxiques pour les chats. Reste que certains traitements phytothérapiques sont parfois moins efficaces, mais ont des effets secondaires ou une dangerosité bien moindres. C’est le cas des antiparasitaires. “Les traitements classiques sont si dangereux pour l’homme et l’environnement que je refuse d’en vendre, explique le vétérinaire savoyard. Les pesticides qu’ils contiennent exposent l’animal, le maître, dont les jeunes enfants et les femmes enceintes, et le vétérinaire, à des risques de santé vraiment inquiétants (cancer, Parkinson, perturbations hormonales…). C’est notre devoir d’essayer autre chose.” De fait, les solutions de remplacement proposées sont moins radicales, mais, en multipliant les approches, les résultats sont très encourageants. Déjà, le peigne à puces retire les trois quarts des indésirables, mais surtout le vétérinaire invite à améliorer la flore intestinale – siège de l’immunité – en modifiant la nourriture et en limitant les croquettes. Enfin, on peut aussi s’aider d’antiparasitaires non chimiques : pipettes à base d’huiles essentielles, colliers répulsifs à base de plantes et même médaille magnétique répulsive !

Arthrose et adénome de la prostate des vieux chiens

Comme leurs maîtres, les vieux chiens souffrent souvent d’arthrose. Celle-ci peut être améliorée avec la prêle et l’ortie associées à la scrofulaire et à la reine des prés (pour limiter l’inflammation). Il faut demander à un vétérinaire phytothérapeute ou en pharmacie ces plantes sous forme d’EPS (extraits fluides de plantes standardisés) ou de gélules. Pour un chien de 10 kilos, on compte une gélule ou 2 ml du mélange des quatre plantes – en parts égales – dans un peu d’eau, le tout chaque soir. Pour un chien de 30 kilos, 5 ml suffisent. L’adénome de la prostate des chiens est également fréquent et invalidant, car cela peut empêcher l’animal de déféquer, et surtout cela risque de dégénérer en cancer. La méthode la plus efficace proposée consiste à castrer l’animal, mais on peut aussi lui faire boire un mélange de racines d’ortie, de houblon et de gattilier en mélange d’EPS (en parts égales) à raison de 5 ml par jour, cinq jours par semaine pour un chien de 30 kilos, par exemple.

Cystites des chats

Les cystites et problèmes urinaires sont une maladie fréquente des chats castrés. L’un des premiers traitements en cas de cystite avec une urine acide et des cristaux d’oxalates passe par la canneberge accompagnée d’échinacée pour son effet antibactérien. En parallèle, tribulus terrestris (surnommé viagra des plantes) sera parfait pour un chat castré, permettant de dissoudre ces fameux oxalates et de diminuer les risques de cystites.

On peut faire préparer ces trois plantes (canneberge, échinacée et tribulus) en parts égales à incorporer à l’alimentation de l’animal à raison de 1 ml par jour du mélange en entretien 5 jours sur 7 par cure de deux mois.

Grippe des chevaux

Cette pathologie est un vrai fléau pour les éleveurs qui doivent faire face à de longues et coûteuses épidémies (complications, coûts des traitements, effets secondaires, arrêt total du travail…). Dans ce domaine, la phytothérapie permet de traiter rapidement le problème, à un coût bien moindre, d’après Pierre May, grâce à un cocktail de plantes complémentaires : la réglisse, pour son action anti-inflammatoire et immuno-modulatrice, le cyprès pour sa puissance de feu contre les virus et l’échinacée pour son action antibactérienne majeure. En cas de toux, on ajoute du plantain et du pin sylvestre. On peut faire préparer chez son vétérinaire un mélange de ces 5 plantes en parts égales sous forme d’EPS et donner à l’animal une dose de 15 ml par jour durant dix jours. Les bourgeons concentrés de cassis et de noisetiers (boutiques bio ou vétérinaires) peuvent renforcer l’action (1 ml de chaque par jour durant dix jours). Le mélange peut être proposé au cheval à l’aide d’une seringue dans la bouche ou, mieux, dans un mélange de son mouillé avec des rondelles de pommes et du miel (une cuillère à soupe).

Les éleveurs de vache y gagnent aussi lors des épidémies : alors que le lait sous traitement antibiotique doit être jeté, avec les traitements phytothérapiques, la production du fermier peut être conservée et le coût des remèdes est quatre fois moindre. Moins chères et plus douces, les plantes semblent décidément bien convenir aux animaux. Et si on essayait pour nous, les hommes ?

Source : Le Point

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