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Séisme dans le Sud-Est : les animaux peuvent aider à prédire les tremblements de terre

Le 08/04/2014

Au lendemain du séisme qui a touché le sud-est de la France, plusieurs témoignages racontent l’anticipation du phénomène par un animal de compagnie, et notamment des chiens. Ce genre de récits en pareille circonstance n’est pas inédit. Comment l’expliquer ? Les animaux anticipent-ils vraiment ces événements ? Éclairage avec la vétérinaire et chercheuse Marie-Claude Bomsel.

Toutes les espèces animales ont des mondes sensoriels et des intérêts différents du nôtre et on ne peut pas généraliser quant à une réaction animale typique face à des catastrophes naturelles, comme lors du séisme qui s’est produit hier dans le sud-est.

Tous les animaux n’anticipent pas le danger de la même façon

Si on prend l’exemple des vaches qui n’est vraiment pas une espèce très  “communicante” (dans l’idée que nous nous faisons des échanges animaux), elles entendent des infrasons et leurs réponses nous sont impossibles à comprendre.

En ce qui concerne les animaux de compagnie, un chat pas ou peu inféodé à l’homme réagit rapidement et de façon individuelle, en cas de danger.

Au contraire, le chien, animal social et hiérarchisé, va suivre son maître et prendra moins d’initiatives tant que ce dernier ne s’est pas manifesté. En revanche, il cherchera sans doute à l’alerter. C’est ce que semble avoir tenté de faire le chien de la personne qui a témoigné ce matin sur RTL, en venant pleurer près d’elle quelques dizaines de seconde avant le séisme.

Le cerveau animal fonctionne différemment

Les animaux ont des gammes sensorielles différentes (comme les infrasons), ne voient pas de la même façon (avec par exemple des yeux beaucoup plus grands, plus ou moins de bâtonnets ou de cônes sur la rétine, un “tapis réfléchissant” la lumière au fond des yeux), plus ou moins de cellules olfactives dans les sinus, etc… Leurs cinq sens sont très distincts des nôtres.

Sans compter que certains ont un sixième sens, que nous n’avons bien évidemment pas. Ainsi, les oiseaux, les poissons ou les tortues marines peuvent détecter des champs magnétiques (comme lors d’un séisme). D’autres espèces vivant au sol détectent les ondes sismiques, comme les rats ou les insectes… ou les “repèrent” avec les pattes comme les éléphants.

De plus, les animaux n’ont pas le même cerveau que le nôtre. Par exemple, leur aire visuelle, olfactive ou auditive est totalement différente.

Ils agissent presque avant de réfléchir car ils sont beaucoup plus soucieux de leur survie que nous. Leurs sens sont constamment en alerte, tandis que nous avons perdu cette faculté, entre autres avec le confort… Et la verbalisation…

Votre chat ou votre chien voit, entend, sent plus de choses que vous ne le croyez !

Seul le maître qui connaît bien son animal peut capter ces signaux

Pour repérer des signes d’alerte, il faut bien connaître son animal, ce qui est malheureusement de moins en moins le cas.

Chacun va avoir une réaction qui lui est propre mais qui, dans tous les cas, sera soudaine et en décalage avec son comportement habituel. Cela peut se manifester par des gémissements sans raison apparente pour nous .

Les animaux ont eu besoin de plusieurs millions d’années d’évolution  pour arriver à devenir les espèces qu’ils sont actuellement. De notre côté, il nous a fallu quelques petits milliers d’années pour en faire des races domestiques. C’est trop peu pour leur faire oublier leur instinct naturel toujours en alerte.

Il faut noter que tous les animaux s’observent très attentivement. Ils passent leur temps à surveiller de potentiels prédateurs… ou de possibles proies. Un message d’alerte peut donc se relayer de cette façon. Dans le cas d’alerte maximale, l’activité humaine est par contre difficilement compréhensible pour eux.

L’éthologie : une science encore jeune

Malgré cela, la communauté scientifique reste très sceptique face à l’étude du comportement des espèces animales, que l’on appelle “éthologie”. Cela s’explique pour trois raisons.

D’abord, chaque espèce a un comportement qui lui est propre, ce qui complique l’analyse scientifique de telles données.

Ensuite, les scientifiques, et tout particulièrement les scientifiques français, sont cartésiens. Par conséquent, ils associent l’animal à une machine et ne prennent pas très au sérieux de telles études de comportement.

Enfin, l’éthologie est une science encore très jeune, et de fait peu crédible pour la communauté scientifique. Elle se retrouve méprisée, à tort.

Pour autant, personne ne dit que l’étude de ces comportements est LA solution à la prévision des séismes et autres catastrophes, mais c’est un petit plus qu’il est dommage de négliger.

Source : Le Nouvel Obs

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