Pour votre chat, vous êtes un peu débile : c’est parce qu’il...

Pour votre chat, vous êtes un peu débile : c’est parce qu’il ne comprend pas vos réactions

Le 21/01/2014

Un gros matou un peu débile. C’est comme ça que vous perçoit votre chat, selon John Bradshaw, biologiste à l’université de Bristol et auteur de “Cat sense”, un ouvrage détaillé sur nos amis les félins.

Pourquoi tant de cruauté ? Réponse avec Marie-Claude Bomsel, vétérinaire et chroniqueuse animalière.

Pour comprendre pourquoi le chat nous prend pour un gros félin un peu débile, il faut rappeler son histoire et le replacer dans son contexte : c’est un animal forestier, solitaire et nocturne.

Il y a environ 7000 ans, le chat s’est approché de nos campements. Attiré par les souris qui se nourrissaient de graines conservées dans nos réserves, il a peu à peu colonisé nos habitations. C’est ainsi qu’il a été ensuite intronisé dans nos demeures tel un roi, non plus pour son utilité, mais pour sa compagnie et sa beauté.

Nous sommes assez stupides pour lui donner à manger

Nous avons alors commencé à le nourrir alors que celui-ci était habitué à chasser. Auto-domestiqué, de fait, le chat n’a pu évoluer aussi vite que l’humain le souhaitait.

Il souffre d’un complexe infantile qui fait que nous sommes à ses yeux à la fois ses parents et ses enfants. Son instinct primordial de chasseur est resté intact. Cette habitude est décuplée par son instinct maternel.

Constamment tiraillé entre le sauvage qui persiste en lui et l’infantilisation que nous avons engendrée, le chat amène des souris pour nous apprendre à chasser. Devant notre peu d’intérêt, voire notre dégoût, il abandonne souvent sa proie et repart vers “notre” gamelle, l’air consterné. Le fait que l’on ne s’intéresse guère à ses trophées est incompréhensible pour lui, d’où le fait qu’il nous trouve quelque peu “débile” : nous ne savons pas capturer de proies, ignorons ses leçons, et sommes assez stupides pour lui donner à manger !

Le chien a des maîtres, le chat des esclaves

C’est très différent du chien, qui, domestiqué il y a plus de 10.000 ans, s’est adapté plus facilement. En effet, c’est un animal très sociable, aimant la meute, très polymorphe. Il est donc beaucoup plus malléable

L’attitude des chats est plus singulière. Par exemple, si l’on retire la gamelle d’un chien, il grogne. Le chat l’accepte mieux. Individualiste, il n’a pas d’idée de partage, il ira chasser. En résumé on a l’habitude de définir ainsi leur différence : le chien a des maîtres, le chat des esclaves.

Le chat somnole le jour et vit la nuit, pendant que nous dormons, cachés dans des lits. Il a une meilleure vision nocturne que nous, une vision différente des couleurs et du relief, une meilleure audition entre autres dans les ultrasons, un toucher exceptionnel grâce aux vibrisses qui constituent ses moustaches. Il a par ailleurs un cerveau dont les aires olfactives, auditives ou visuelles sont différentes de nous. Vivant dans un monde sensoriel différent, il a bien du mal à comprendre nos réactions.

Il ne comprend pas notre monde social

De la même façon, le chat cherche depuis des années à communiquer avec les humains en miaulant, ce qu’il ne fait pas dans la nature. Évidemment, nos réponses, silences ou expressions, lui restent incompréhensibles. S’il s’est habitué petit à petit à notre voix, il “considère” nos propos comme des babillages inconséquents.

Le fait que nous les caressions présente certes pour eux un côté rassurant, mais les chats sont vite ramenés à leur instinct. S’ils nous donnent des coups de tête, c’est uniquement pour nous marquer avec leurs phéromones. Et quand ils se lèchent, c’est pour enlever l’odeur que nous avons laissée sur eux.

Donc oui, le fait que les chats nous voient comme de “gros débiles” est normal. Ils ont finalement accepté notre différence dont ils tirent gîte et couvert mais restent suspicieux vis à vis de nos attitudes et de notre monde social.

Source : Le Nouvel Obs

Pour votre chat, vous êtes un peu débile : c'est parce qu'il ne comprend pas vos réactions

Un chat revient chez ses maîtres après 10 ans d'absence
Du «chat botté» au coati, la bénédiction des animaux à Madrid pour la Saint-Antoine